Le Projet d’Hydraulique Pastorale en Zone Sahélienne (PROHYPA) est un projet financé par le FIDA. Il fait suite au PHPK (Projet d’Hydraulique Pastorale du Kanen) qui s’est déroulé de septembre 1999 à juillet 2004. Il a pour but de contribuer à la sécurisation de l’économie pastorale, au renforcement de la paix sociale et la lutte contre la pauvreté en zone pastorale et agropastorale.

Principes d’intervention

Les actions du PROHYPA sont soutenus par les principes de réciprocité et de complémentarité.

  • – Principe de réciprocité: l’hydraulique pastorale a des répercussions multiples sur la gestion sociale de l’espace. Surtout pendant la saison sèche, l’espace pastoral s’organise autour de points d’abreuvement dont l’existence conditionne l’exploitation des pâturages. Tout éleveur étant amené à déplacer son troupeau, doit être en mesure de l’abreuver sur un puits différent de celui de son groupe.
  • – Principe de complémentarité: les relations entre transhumants et sédentaires de la zone soudanienne ont pendant des siècles été complémentaires.

Stratégie de mise en œuvre

Le Projet est géré par la Direction de l’Hydraulique Pastorale (DHP) au sein du Ministère en charge de l’eau. La DHP s’appuie sur une Antenne basée à Moussouro dans la région du Bahr El Gazal et sur un bureau à Ati dans la région du Batha (sans personnel affecté en permanence). Le Projet est exécuté par l’Unité de Gestion de Projet qui dispose de l’autonomie administrative et financière. Des prestataires de service sont recrutés par voie de passation des marchés pour mettre en œuvre les activités du Projet.

Coûts de financement

Les actions du PROHYPA sont prises en charge sur la base d’un système de cofinancement  entre le FIDA (9,75 milliards soit 19,5 millions de dollars), l’Etat tchadien (1,26 milliard soit 2,52 millions de dollars) et la Coopération Suisse (1,365 milliards soit 2,73 million de dollars). Les bénéficiaires financent l’entretien et le fonctionnement des ouvrages pastoraux à hauteur de 290 millions soit 0,58 million de dollars.

Population cible

La population cible du Projet est l’ensemble des communautés de transhumants.

 Zone du projet

Le Projet s’exécute dans les axes de transhumance occidentale (région du Kanem, Bahr El Gazal, Hadjer Lamis et une partie du Chari Baguirmi) et les axes de transhumance du centre du Tchad (région du Batha et Guéra).

Objectifs

Les objectifs du Projet sont les suivants:

  •  – Renforcer la capacité de gestion concertée et équitable de la ressource hydraulique et pastorale auprès des  acteurs concernés avec une attention particulière à : i) la mise en place d’institutions locales pluralistes de concertation et de gestion des conflits; et ii) l’amélioration des conditions de vie et de la capacité des éleveurs à influer sur les décisions qui affectent leurs moyens d’existence;
  • – Améliorer le réseau d’infrastructures hydrauliques et pastorales pour desservir la mobilité des troupeaux et la gestion des pâturages; et
  • – Diffuser à l’échelle du pays l’expérience acquise par le Projet pour contribuer à l’élaboration de la politique d’aménagement rural et de pastoralisme.

Composantes

Le Projet est structuré en 4 composantes :

  • – Composante A : Appui à la gestion des ressources pastorales ;
  • – Composante B : Réalisation des ouvrages d’hydraulique pastorale ;
  • – Composante C : Services de base aux communautés de transhumants ;
  • – Composante D : Coordination, gestion, suivi et mise  en œuvre du projet

Les activités mises en œuvre par le PROHYPA

Composante A «  Appui à la gestion des ressources pastorales » :

  • – la création d’institutions locales à même d’identifier les emplacements optimaux pour les nouveaux ouvrages (puits et mares temporaires) ;
  • – le balisage concerté des axes de transhumance en zone agropastorale ;
  • – la création d’institutions locales pour la gestion des conflits entre transhumants et sédentaires.

Composante B « Réalisation des ouvrages d’hydraulique pastorale » :

  • – la construction de puits et de contre- puits ;
  • – la réhabilitation de puits avec les abreuvoirs ;
  • – la construction d’abreuvoirs sur les puits existants ;
  • – la construction de forages profonds l’aménagement des mares ;
  • – et la réalisation de couloirs de transhumance par leur balisage.

Composante C « Services de base aux communautés de transhumants » :

  • – la formation des femmes en transformation de produits laitiers et de viande ;
  • – la formation, l’alphabétisation et recyclage des auxiliaires d’élevage.
Share This