Le PRODER-K avait pour objectif de contribuer à l’amélioration durable des revenus et de la sécurité alimentaire des ménages ruraux pauvres qui se trouvent dans cette partie du Tchad qui était caractérisée par une insécurité alimentaire permanente et par de faibles rendements de cultures pluviales. cette région couvre les deux départements du Barh el Ghazal et du Kanem ; soit un espace géographique de 56.000 Km² où habitent environ 350.000 habitants.

Contexte

La région du Kanem au Tchad est caractérisée par une insécurité alimentaire permanente et par de faibles rendements de cultures pluviales. Elle couvre les deux départements du Barh el Ghazal et du Kanem ; soit un espace géographique de 56.000 Km² où habitent environ 350.000 habitants.

 Objectif du PRODER-K

Le Projet de Développement Rural du Kanem (PRODER-K) a pour objectif de contribuer à l’amélioration durable des revenus et de la sécurité alimentaire des ménages ruraux pauvres qui se trouvent dans cette partie du pays. Il devra assurer:

  •  – le développement d’un système financier durable de proximité capable de faciliter l’accès des pauvres de la région aux services financiers ;
  •  – Le renforcement des capacités des populations et de leurs organisations par la création et la consolidation d’institutions représentatives, durables afin d’aboutir à l’émergence d’organisations rurales pérennes et de services privés ;
  •  – L’appui à l’agriculture et à la diversification des sources de revenus permettant aux familles pauvres de développer leurs activités en matière de production agricoles et d’activités para-agricoles génératrices de revenus ;
  •  – L’appui spécifique à l’autopromotion des femmes et des jeunes et à leurs initiatives génératrices de revenus.

Le groupe cible du PRODER-K est constitué par l’ensemble des populations rurales pauvres de la région du Kanem, composées principalement d’agriculteurs sédentaires, d’agropasteurs et d’éleveurs. Au sein de ces populations, il existe des disparités sociales et/ou professionnelles. Le projet veille à ce que les groupes les plus vulnérables du point de vue de la sécurité alimentaire soient pris en considération. Il s’agit notamment des femmes, des jeunes et des personnes ayant un accès limité au foncier et victimes des pratiques d’exclusion sociale.

En termes stratégiques, la priorité du PRODER-K reste le développement des services financiers de proximité pour permettre aux pauvres exploitants de faire face à leurs besoins d’investissement et d’intrants agricoles et de mieux répondre, un tant soit peu, aux problèmes de sécurité alimentaire par l’augmentation des revenus.

En réalité, le PRODER-K s’appuie sur les acquis du précédent projet PDAOK (Projet de Développement des Ouadis du Kanem) dont il poursuit les actions pour préparer les exploitants de la région à mieux prendre en charge leur propre développement. Il privilégie la participation des femmes et leur accès au services financiers de proximité à travers le crédit d’insertion et un dispositif d’appui spécifique afin que celles-ci puissent jouer leur rôle dans les CLA (Caisses Locales Autogérées)

Le Projet compte quatre composantes :

 Composante 1 – Appui à la promotion du monde rural

La composante comprend l’appui :

  • – au groupe cible à identifier les micro-projets prioritaires d’une façon participative, les actions de formation et d’alphabétisation requise et le suivi des microprojets pendant leur mise en place et leur exécution ;
  • – à une meilleure connaissance de la région
  • – à la mise en place d’un dispositif d’animation rurale pour conseiller les groupements et les aider à identifier leurs activités ;
  • – à l’organisation du monde rural
  • – à la mise en place de compétences d’appui-conseil en matière technique.

 Activités

Dans le cadre de cette composante, le PRODER-K devra mener les activités suivantes :

  • – Élaboration et gestion de données de base. L’amélioration des connaissances de base profitera au Projet mais également à tous les partenaires au développement (publics et privés) opérant dans la région du Kanem ;
  • – Organisation du monde rural. Le Projet poursuivra l’appui débuté par le PDAOK sur l’organisation du monde rural. L’appui portera sur l’ensemble des organisations rurales (égalisés ou non) et sur des groupements de toute taille et forme ;
  • – Alphabétisation fonctionnelle. Elle est un préalable à l’autonomisation des ruraux et aux transfert durable des connaissances techniques. Conduite en Kanembou, en gorane et en arabe, elle bénéficie aux auxiliaires ruraux, aux responsables inter-groupements au sein des villages, aux artisans et à toute personne devant à prendre des responsabilités locales ou à assumer des fonctions de gestion exigeantes ;
  • – Communication rurale. La radio rurale et le cas échéant l’émetteur communautaire prévus à MAO, sont sollicités pour passer des messages à caractère général ;
  •  – Conseil, formation professionnelle et vulgarisation agricole. Ces capacités seront mobilisées pour créer/renforcer des compétences en conseil et Formation dans les communautés de base elle même et pour susciter à partir des groupements, une capacité à rechercher le conseil et les appuis techniques.

Résultats attendus

Cette composante doit se traduire en amélioration des capacités d’appui au monde rural, c’est à dire :

  • – Les connaissances de base de la région améliorées ;
  • – Un ensemble d’organisations rurales et d’organisations faîtières ont été créés dans 22 zones. Elles participent aux instances décentralisées du développement rural
  • – 1300 responsables et artisans alphabétisés (hors CLA) ;
  • – La fourniture des intrants est opérationnelle et privée ;
  • – Les capacités en matière de nutrition ont été améliorées dans 154 villages ;
  • – Des capacités de conseil et d’appui technique ont été maintenues dans la région.

 Composante 2 – Fonds de Développement du Kanem (FODEK)

Le Fonds de Développement du Kanem (FODEK) qui est destiné au financement des activités bénéficiant directement à la population rurale, vise le renforcement des capacités paysannes, collectives ou individuelles et l’investissement collectif, agricole et non agricole.

Les activités inscrites sous cette composante sont celles susceptibles de mobiliser le FODEK selon deux étapes : une étape de test et une étape d’investissement. Le fond est mobilisé pour des opérations de test et pour des opérations de formations ou d’investissement, selon les programmes inter-villageois reflétant les demandes auto-arbitrées des groupements de base.

 Activités

Le FODEK est utilisé pour financer :

  • – la formation technique des producteurs et la formation liée aux micro-initiatives économiques ;
  • – l’amélioration des systèmes d’irrigation ;
  • – le renforcement des capacités privées d’approvisionnement en intrants ;
  • – l’amélioration de la productivité agricole ;
  • – le cas échéant, les activités de stockage de céréales à but lucratif ou de sécurité alimentaire ;
  • – l’aménagement environnemental ;
  • – toute initiative visant à atteindre par le groupe cible les objectifs du projet.

 Résultats attendus

Cette composante vise à améliorer durablement les capacités des ménages ruraux pauvres à augmenter leurs revenus et à assurer leur sécurité alimentaire, c’est à dire :

  • – les équipements d’irrigation sont plus nombreux et diversifiés ;
  • – la capacité de production a augmenté ;
  • – les femmes et les jeunes maîtrisent les AGR diversifiés et en nombre accru ;
  • – les ressources naturelles des ouadis sont mieux protégées ;
  • – des capacités de formation et de conseil ont été transférées dans les villages par des auxiliaires et des conseillers commerciaux.

 Composante 3 – Les Services financiers de proximité

Cette composante du projet vise :

  • – la pérennisation de services financiers adaptés aux opportunités locales, à travers les banques de proximité autonomes dénommées Caisses Locales Autogérées (CLA) ;
  • – l’amélioration durable des revenus et du statut des femmes, par le financement durable des activités génératrices de revenus (AGR). Les CLA sont implantées dans les villages disposant d’une population supérieure à 800 habitants, d’un marché hebdomadaire et d’un centre de santé.

Quatorze villages ont été identifiés, avec une population supérieure à 4.000 habitants chacun. Environ vingt deux (22) CLA sont identifiés à ce stade. Cette stratégie aboutit à des densités de populations de l’ordre de 13 hbt/km² dans la zone d’influence des CLA. Cette identification préliminaire n’est qu’indicative et doit être réalisée à partir d’une étude du marché régional de la microfinance, puis d’une étude d’implantation, à mettre en œuvre avant le démarrage du projet par l’opérateur retenu pour le Projet des finances de proximité. On prévoit que toutes les CLA soient implantées en année 4 afin et qu’elles disposent des quatre années nécessaires pour atteindre leur autonomisation. A cette échéance, chaque CLA devra compter environ 700 adhérents dont 60% de femmes, 500 adhérents issus des GIE du PDAOK et 200 nouveaux adhérents, appartenant au groupe cible, et entrant par un dispositif spécifique d’insertion.

A cet effet, il est prévu le Crédit Solidaire d’Insertion (CSI), qui facilitera l’adhésion aux CLA et l’accès au crédit des plus pauvres, en particulier les femmes. Il repose sur la création de petits groupes de femmes solidaires d’insertion (GSI) d’environ 5 membres qui, à l’issue de trois mois d’une sensibilisation, les membres se cooptent et une épargne préalable est constituée.

 Résultats attendus

Dans le cadre de cette composante, des services financiers de proximité seront viables en fin de Projet et favoriseront l’augmentation des revenus et la sécurité alimentaire de la population et des femmes en particulier.

De manière spécifique, ceci se traduira par :

  • – un réseau de 22 banques de proximités autonomes est créé et comporte 15000 membres.
  • – Un Opérateur d’appui à la microfinance est installé dans le Kanem ;
  • – la majorité de femmes s’est intégrée dans l’actionnariat des banques de proximités (60%) ;
  • – Un instrument de crédit à moyen terme mis en place.

 Composante 4 – Coordination et gestion

L’objectif de cette composante est d’assurer à travers l’UGAP, la coordination de la mise en œuvre des composantes et la gestion du Projet, dans un souci d’utilisation rationnelle des ressources mises à disposition en vue de l’atteinte des objectifs.

A cet égard, l’UGAP a pour rôles principaux :

  • – la coordination générale du Projet ;
  • – l’appui stratégique et méthodologique aux opérateurs ;
  • – le suivi et l’évaluation des activités de terrain ;
  • – la gestion financière du Projet ;
  • – les relations avec les autorités et partenaires régionaux.

L’UGAP est basée à Mao et dispose d’une autonomie de gestion administrative et financière. Elle est placée sous la tutelle technique du Ministère de l’Agriculture. L’UGAP est doté d’un personnel en matière d’animation rurale, d’aménagement, de production et de genre.

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